Jan Kopp
Changer une minute

septembre 2003
Lycée Montebello, Lille
Programme « Nouveaux commanditaires »
de la Fondation de France


S. Brink, H. Coqueret,
S. Magnin, E. Maltaverne,
G. Motte, B. Persat
Dragoon Paper Club

Tracy Mackenna et
Edwin Janssen
Growth, Form and the Inevitability of Herself

Jan Kopp
Changer une minute

Matali Crasset
Capsule

Matt Mullican

Kieckens/Nannucci
MDA

Laurent Tixador
Total Symbiose II

Lise Autogena
Miroirs acoustiques

Kenny Hunter
Animal Virtues

Philippe Bazin
Vues imprenables

Sadaharu Horio





La commande d’une œuvre contribuant à « améliorer la communication interne et externe du lycée » doit permettre le dépassement des « crispations identitaires ».

La commande : Situé dans un quartier populaire, spécialisé dans l’enseignement des langues, le lycée européen de Montebello accueille deux catégories d’élèves : l’une de quartier, de milieu modeste, et d’origine essentiellement maghrébine ; l’autre, issue de milieu favorisé, attirée par la qualité de l’enseignement. Alors que ce lycée valorise l’échange par le langage et la découverte de différentes cultures, la communication entre les deux populations reste limitée. Afin de favoriser l’échange et de trouver une cohérence identitaire pour le lycée, enseignants et responsables administratifs prennent l’initiative de faire intervenir un artiste sur le terrain. Pour les commanditaires, l’œuvre devra questionner le langage en termes de sons, de capture du réel, et de perception de l’autre. Ils exprimèrent d’autres desiderata : l’artiste devra intervenir dans le champ des nouvelles technologies ; l’œuvre, accessible par tous, établira un pont entre le lycée et les habitants du quartier ; plusieurs générations d’élèves pourront être concernées par cette réalisation.

L’artiste : Le médiateur proposa Jan Kopp avec lequel il avait déjà collaboré antérieurement. Depuis le milieu des années quatre-vingt dix, cet artiste crée des œuvres-évènements dont les enjeux sont les relations humaines et leur contexte social. Le spectateur est invité à pratiquer l’œuvre en explorant essentiellement le langage et les modes de communication les plus contemporains. Pour Kopp, accepter cette commande lui offrait « la possibilité de travailler avec des gens qui ne sont pas du milieu de l’art et qui expriment des exigences précises quant à la pertinence de l’œuvre dans l’environnement ». Si le projet imposait de s’investir sur une longue durée, il offrait aussi à l’artiste l’opportunité d’aller plus loin dans ses recherches, tant du point technologique, que de celui relatif à la dimension collective de l’évènement. Sa proposition initiale, parce qu’elle offrait une liberté d’expression totale aux intervenants, dut s’adapter aux exigences juridiques auxquelles est soumis un établissement dépendant de l’Éducation Nationale.

La réalisation : Les élèves et le personnel du lycée sont invités à s’exprimer dans le mini-studio d’enregistrement (son-image), placé à l’intérieur de l’établissement. Une règle est fixée dès le départ : chacun des participants dispose d’une minute. Dans un kiosque situé à l’extérieur du lycée, un espace de diffusion semi-public est aménagé. Mais pour cette deuxième étape, les modalités d’enregistrement sont dépassés afin de mettre en évidence les processus inhérents à la communication : chaque intervenant se voit attribuer les propos d’un autre intervenant. Installation éphémère, le studio se réduit à une structure légère et mobile, susceptible d’être transportée dans un autre établissement : échange, communication. Pour inscrire le projet dans le temps, Kopp interviendra deux fois par mois pendant deux ans. Par la suite, d’autres artistes, cooptés par Kopp, pourront à leur tour investir librement le dispositif créé initialement, afin de lui donner une dimension évolutive.

Annie Claustres, critique et historienne d’art


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www.nouveauxcommanditaires.org