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La commande dune uvre contribuant à « améliorer la communication interne et externe du lycée » doit permettre le dépassement des « crispations identitaires ».
La commande : Situé dans un quartier populaire, spécialisé dans lenseignement des langues, le lycée européen de Montebello accueille deux catégories délèves : lune de quartier, de milieu modeste, et dorigine essentiellement maghrébine ; lautre, issue de milieu favorisé, attirée par la qualité de lenseignement. Alors que ce lycée valorise léchange par le langage et la découverte de différentes cultures, la communication entre les deux populations reste limitée. Afin de favoriser léchange et de trouver une cohérence identitaire pour le lycée, enseignants et responsables administratifs prennent linitiative de faire intervenir un artiste sur le terrain. Pour les commanditaires, luvre devra questionner le langage en termes de sons, de capture du réel, et de perception de lautre. Ils exprimèrent dautres desiderata : lartiste devra intervenir dans le champ des nouvelles technologies ; luvre, accessible par tous, établira un pont entre le lycée et les habitants du quartier ; plusieurs générations délèves pourront être concernées par cette réalisation.
Lartiste : Le médiateur proposa Jan Kopp avec lequel il avait déjà collaboré antérieurement. Depuis le milieu des années quatre-vingt dix, cet artiste crée des uvres-évènements dont les enjeux sont les relations humaines et leur contexte social. Le spectateur est invité à pratiquer luvre en explorant essentiellement le langage et les modes de communication les plus contemporains. Pour Kopp, accepter cette commande lui offrait « la possibilité de travailler avec des gens qui ne sont pas du milieu de lart et qui expriment des exigences précises quant à la pertinence de luvre dans lenvironnement ». Si le projet imposait de sinvestir sur une longue durée, il offrait aussi à lartiste lopportunité daller plus loin dans ses recherches, tant du point technologique, que de celui relatif à la dimension collective de lévènement. Sa proposition initiale, parce quelle offrait une liberté dexpression totale aux intervenants, dut sadapter aux exigences juridiques auxquelles est soumis un établissement dépendant de lÉducation Nationale.
La réalisation : Les élèves et le personnel du lycée sont invités à sexprimer dans le mini-studio denregistrement (son-image), placé à lintérieur de létablissement. Une règle est fixée dès le départ : chacun des participants dispose dune minute. Dans un kiosque situé à lextérieur du lycée, un espace de diffusion semi-public est aménagé. Mais pour cette deuxième étape, les modalités denregistrement sont dépassés afin de mettre en évidence les processus inhérents à la communication : chaque intervenant se voit attribuer les propos dun autre intervenant. Installation éphémère, le studio se réduit à une structure légère et mobile, susceptible dêtre transportée dans un autre établissement : échange, communication. Pour inscrire le projet dans le temps, Kopp interviendra deux fois par mois pendant deux ans. Par la suite, dautres artistes, cooptés par Kopp, pourront à leur tour investir librement le dispositif créé initialement, afin de lui donner une dimension évolutive.
Annie Claustres, critique et historienne dart

www.nouveauxcommanditaires.org

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