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10h00
Me voilà, bêtement assis dans le train pour Paris, destination Groenland avec une grosse caisse orange. Je commence ce voyage accompagné par la chance. Ce que j'ai le plus redouté cette nuit n est pas arrivé : la caisse en question passe par la porte du tgv. 60*60*120 cm, c était tout juste mais pas gagné d'avance. Je viens de quitter Nantes et Carine m'a aidé à gravir les marches du train. En apprenant que je n'avais pas mesuré la porte, ni vérifié qu'on pouvait transporter un pareil bagage, elle m'a fait quelques reproches très compréhensibles mais, où serait l'aventure si on n'a pas d'incertitudes. En descendant de là, je trouverai bien quelqu'un de suffisamment courageux et costaud qui voudra m'aider. Je parcours la voiture du regard, mais pour l'instant, il ne s'y présente personne qui ne soit ni handicapé ou loin derrière la retraite. La caisse contient mon iceberg radiocommandé. Ma principale source d'angoisse pour le moment est de ne pas arriver à destination avec. C'est un colis encombrant et au scanner des douanes, ça doit ressembler comme deux gouttes d'eau à une bombe. En prévision d'un litige, j'ai tout déconnecté et les batteries sont dans mon sac à dos. Les conserver sur moi, me permettra également de payer moins cher en supplément bagage, mais j'ai peur qu'on me les confisque. Des arguments de défense se bousculent parmi mes pensées, prêts à bondir en cas de conflit.

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23h30
Copenhagen Airport Je suis réellement émerveillé en regardant ma grosse caisse. J'en détaille tous les chocs qu'elle a reçu pendant le début du trajet et tous ses nouveaux étiquetages. Non seulement elle est arrivée sans encombre à Copenhague, mais je n'ai plus à faire de manutention car elle est sur un chariot et n'en bougera plus avant demain pour l'enregistrement vers Kangerlusuak. À la sortie du train de ce matin, j'avais dû prendre un bus pour changer de terminal et l'affaire n'avait pas été simple car aucun voyageur ne souhaite s'encombrer avec les problèmes et les bagages des autres. Les batteries aussi sont encore là. Par contre, mon idée de les charger en bagage à main en vue de faire des économies a échoué. La salope de l'enregistrement SAS à Roissy a dû se douter de quelque chose et a pesé mon sac avec : un total de 47kg. En décomptant les 20 autorisés plus une tolérance offerte par la maison, il en restait quand même 13 à payer au prix fort. Aurais-je eut ce cadeau si j'étais un gros de 117kg ? Le passage en douane a été également délicat. Une batterie en plomb ne laisse rien passer quand on veut y voir de plus prés à l aide de rayons x., j'ai dû tout expliquer et argumenter qu'elle m'était vraiment indispensable et introuvable sur place pour la conserver. Après maintes suspicions pour vérifier qu'elle ne pouvait rien contenir de dangereux, la douanière a constaté, par chance, que sa coque était moulée d'une pièce et qu'il était impossible de l'ouvrir. Je suis également plein d'admiration pour cette pile mais, même si elle passe tous les obstacles, je l'abandonnerai pour le retour. Ce soir, je dors dans l'aéroport, à proximité du terminal 2, sur trois fauteuils dont les accoudoirs ont disparu.

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